Biomancia : une expérience immersive entre art, technologie et création collective
Le 9 mai 2026, Betamachine a accueilli Biomancia , une installation immersive imaginée par l’artiste Charlotte Chicot et développée avec Betamachine dans le cadre du festival Re/Dé}connecte , soutenu par le programme Human&Tech de la Région Centre-Val de Loire . À la croisée de l’installation artistique, de la création sonore et de l’expérimentation numérique, Biomancia invitait le public à devenir acteur de l’œuvre. En entrant pieds nus dans un espace construit à partir de matériaux de réemploi, les visiteurs déclenchaient, par leurs mouvements et leurs interactions, un ensemble de sons, de lumières et d’images. Plus qu’une simple installation interactive, Biomancia proposait une réflexion sur les liens entre le vivant, la technologie et notre manière d’habiter collectivement un espace. Les paysages sonores et visuels, issus de captations réalisées en forêt, ne cherchaient pas à reproduire la nature mais à en prolonger les logiques de réseau et d’interconnexion. Une journée de création avec les élèves de la classe CHAM En amont de l’ouverture au public, le projet s’est enrichi d’un atelier mené le 7 mai avec douze élèves de la classe à horaires aménagés musique (CHAM) du collège Les Petits Sentiers de Lucé. Coanimée par Charlotte Chicot et Flore Limacher, labmanager de Betamachine, cette matinée a permis aux participants de découvrir les coulisses du lieu avant de devenir eux-mêmes créateurs. La visite des ateliers leur a notamment offert l’occasion de rencontrer Philippe Frétigné, facteur de clavecins résident à Betamachine, qui leur a présenté son métier, ses outils et plusieurs réalisations en cours. Les élèves ont également découvert le travail de Charlotte Chicot autour du son interactif, notamment avec son œuvre Murmures , un spectrogramme sonore interactif. Ils se sont ensuite lancés dans la fabrication d’instruments électroniques à partir de cartes Makey Makey et de matériaux de récupération. Répartis en petits groupes, ils ont imaginé et construit quatre créations originales : un potager sonore composé de terre et de légumes, un piano en carton, un burger musical et un ukulélé détourné. Leur professeur s’est lui aussi prêté au jeu en réalisant un xylophone à partir d’une boîte à œufs. Tout au long de l’atelier, les élèves se sont montrés curieux, inventifs et particulièrement investis. Au-delà de la fabrication, ils ont découvert les principes de l’interactivité, expérimenté le détournement de matériaux de réemploi et appris à résoudre collectivement les défis techniques rencontrés. Comme le souligne Charlotte Chicot, ils se sont pleinement approprié le projet, transformant des objets ordinaires en interfaces sonores et visuelles sensibles et poétiques. Une installation qui invite à agir Le samedi 9 mai, Biomancia a ouvert ses portes au public. Tout au long de la journée, une soixantaine de visiteurs, majoritairement extérieurs à l’association, sont venus découvrir cette proposition artistique singulière. Les créations réalisées par la classe CHAM étaient présentées aux côtés de l’installation et ont suscité un vif intérêt, démontrant la richesse du travail mené avec les jeunes. L’espace convivial de la Cantina, animé autour d’une buvette et de crêpes, a prolongé les échanges entre visiteurs, artistes et bénévoles. Des élus ont également pris le temps de découvrir l’installation, tandis qu’un second article de presse est venu relayer l’événement. Quelques jours plus tard, une délégation de l’Artsenal, centre d’art contemporain de Dreux, s’est déplacée à Betamachine pour découvrir l’œuvre. Une expérimentation artistique prometteuse Comme tout projet expérimental, Biomancia a nécessité plusieurs ajustements techniques. Les caractéristiques du hangar, notamment la présence de nombreux éléments métalliques et une forte humidité, ont parfois perturbé les interactions électroniques. L’équipe a su adapter le dispositif tout au long de la résidence, affinant ainsi le protocole technique en vue de futures présentations. Malgré ces contraintes, l’installation a pleinement trouvé son public. La possibilité d’agir directement sur les sons et les images par le toucher a suscité curiosité, émerveillement et échanges. Plusieurs visiteurs ont d’ailleurs exprimé le souhait de voir une nouvelle présentation de Biomancia afin de prolonger l’expérience ou de la faire découvrir à d’autres. Pour Charlotte Chicot, cette première édition constitue une réussite autant humaine qu’artistique. La collaboration avec Betamachine et Flore Limacher a permis de développer une démarche à la fois exigeante, expérimentale et accessible, où création contemporaine, réemploi des matériaux, médiation culturelle et participation du public se sont nourris mutuellement. À travers Biomancia, Betamachine confirme ainsi sa volonté de faire dialoguer arts, techniques et transmission, en proposant des expériences où chacun peut devenir acteur de la création.